Schéma d’une prothèse en filet placée entre les plans musculaires de la paroi abdominale

Parcours de soins / Techniques

Les prothèses utilisées en chirurgie de la paroi abdominale

Lorsqu’une hernie ou une éventration est opérée, le chirurgien peut utiliser une prothèse pariétale, également appelée mesh ou « filet », afin de renforcer la paroi abdominale. Son rôle principal est de réduire le risque de récidive. Dans de nombreuses situations, ce renfort fait aujourd’hui partie du traitement de référence.

L’essentiel à retenir

  • Une prothèse pariétale, ou filet, renforce une zone fragilisée de la paroi. Son rôle principal est de réduire le risque de récidive.
  • Dans de nombreuses situations, ce renfort fait partie du traitement de référence. Toutes les prothèses ne sont pas identiques.
  • Le choix dépend du type de hernie, de sa taille, de la technique utilisée et de l’endroit où la prothèse sera positionnée.
  • Les prothèses synthétiques permanentes sont les plus fréquentes. Des prothèses composites, résorbables ou biologiques existent pour des situations particulières.
  • Il n’existe pas de rejet immunologique comparable à celui d’une greffe. Des complications restent possibles, mais elles sont peu fréquentes lorsque l’indication et la technique sont adaptées.
  • Le résultat dépend davantage de la stratégie opératoire que du seul nom commercial de la prothèse.

Quatre familles de prothèses

Toutes les prothèses ne sont pas identiques. Leur choix dépend du type de hernie, de sa taille, de la technique utilisée et de l’endroit où la prothèse sera positionnée.

Les prothèses synthétiques permanentes

Ce sont les prothèses les plus fréquemment utilisées. Elles sont fabriquées à partir de matériaux synthétiques biocompatibles, notamment le polypropylène, mais aussi, dans certains cas, le polyester ou le PVDF.

Elles restent dans l’organisme et servent de support à la cicatrisation : les tissus viennent progressivement s’intégrer autour et à travers leur structure.

Ces prothèses diffèrent selon leur matériau, leur porosité, leur souplesse et leur architecture. On parle parfois de prothèses « légères » ou « lourdes », mais cette distinction ne suffit pas à elle seule à définir leur qualité ou leur comportement.

Les prothèses composites

Lorsque la prothèse doit être placée à proximité ou au contact des viscères, notamment dans certaines techniques intrapéritonéales, des matériaux spécifiques peuvent être utilisés.

Les prothèses composites comportent généralement une face favorisant l’intégration dans la paroi et une autre face possédant une barrière destinée à limiter les adhérences avec les organes abdominaux.

Aujourd’hui, lorsque cela est possible, les techniques modernes cherchent plutôt à placer la prothèse en dehors de la cavité péritonéale, par exemple derrière les muscles de la paroi abdominale, afin d’éviter son contact direct avec les viscères.

Les prothèses résorbables

Certaines prothèses sont conçues pour se dégrader progressivement dans l’organisme. Elles apportent un renfort temporaire pendant plusieurs mois avant de disparaître.

Elles peuvent avoir un intérêt dans certaines situations particulières, mais elles ne sont pas systématiquement supérieures aux prothèses permanentes. Leur utilisation dépend du contexte opératoire et du type de reconstruction envisagé.

Les prothèses biologiques

Les prothèses biologiques sont fabriquées à partir de tissus animaux traités afin de conserver essentiellement une matrice de collagène. Elles ont été développées pour certaines reconstructions complexes, notamment dans des contextes à risque infectieux.

Le terme « biologique » peut sembler plus rassurant, mais ces prothèses ne sont pas nécessairement plus sûres ni plus efficaces que les prothèses synthétiques. Leur indication reste donc limitée à certaines situations sélectionnées.

Peut-on « rejeter » une prothèse ?

Le mot « rejet » ne décrit pas ce qui se passe avec un renfort de paroi.

Un terme souvent utilisé, mais impropre

Une prothèse pariétale n’est pas un organe transplanté. Il n’existe donc pas de rejet immunologique comparable à celui d’une greffe.

Des complications possibles, peu fréquentes

Comme tout implant, une prothèse peut être associée à une infection, un sérome, une douleur persistante, une rétraction ou un déplacement. Ces complications existent, mais elles restent globalement peu fréquentes lorsque l’indication, le choix de la prothèse et la technique opératoire sont adaptés.

Le plus important : la stratégie chirurgicale

Plusieurs éléments comptent autant que le nom de l’implant.

Les patients demandent souvent quelle marque de prothèse sera utilisée. Cette question est légitime, mais le résultat dépend probablement davantage de l’ensemble de la stratégie opératoire que du seul nom commercial.

Il n’existe donc pas une « meilleure prothèse » valable pour tous les patients. Une hernie inguinale, une petite hernie ombilicale et une éventration complexe nécessitent des stratégies très différentes.

  • le type de matériau
  • la taille de la prothèse
  • son positionnement
  • le recouvrement autour de la hernie
  • la qualité de la fermeture de la paroi
  • la technique chirurgicale utilisée

Trois questions à poser avant l’intervention

Ces questions sont souvent plus utiles que le seul nom ou la marque de l’implant.

Quel type de prothèse sera utilisé ?

Synthétique permanente, composite, résorbable ou biologique : le type retenu se discute selon votre hernie, la technique et l’endroit prévu pour le renfort.

Où sera-t-elle positionnée ?

Le positionnement compte autant que le matériau. Lorsque cela est possible, les techniques modernes cherchent à placer la prothèse en dehors de la cavité péritonéale, par exemple derrière les muscles, afin d’éviter son contact direct avec les viscères.

Pourquoi ce choix est-il adapté à ma hernie ?

Une hernie inguinale, une petite hernie ombilicale et une éventration complexe n’appellent pas la même stratégie. Cette question relie le matériau, la taille, le recouvrement et la technique à votre situation.

Questions fréquentes

Une prothèse est-elle toujours utilisée ?

Dans de nombreuses situations, l’utilisation d’une prothèse fait partie du traitement de référence, parce qu’elle réduit le risque de récidive. Le choix dépend du type de hernie, de sa taille, de la technique et de l’endroit où la prothèse sera positionnée. Il n’existe pas une prothèse valable pour tous les patients.

Peut-on « rejeter » une prothèse ?

Non, au sens d’un rejet de greffe. Une prothèse pariétale n’est pas un organe transplanté. Des complications restent possibles, comme une infection, un sérome, une douleur persistante, une rétraction ou un déplacement. Elles sont peu fréquentes lorsque l’indication, le choix de la prothèse et la technique sont adaptés.

La marque de la prothèse est-elle le plus important ?

La question est légitime, mais le résultat dépend probablement davantage de l’ensemble de la stratégie opératoire que du seul nom commercial. Comptent notamment le matériau, la taille, le positionnement, le recouvrement autour de la hernie, la qualité de la fermeture de la paroi et la technique utilisée.

Une prothèse biologique est-elle plus sûre ?

Le terme « biologique » peut sembler plus rassurant, mais ces prothèses ne sont pas nécessairement plus sûres ni plus efficaces que les prothèses synthétiques. Leur indication reste limitée à certaines situations sélectionnées, notamment certaines reconstructions complexes.

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