Portrait d’un jeune homme souriant — même visuel que sur la page de cure de hernie inguinale

Parcours de soins / Cure d’hernie inguinale

Chirurgie de la hernie inguinale : quelles sont les complications possibles ?

La chirurgie de la hernie inguinale est l’une des interventions les plus fréquemment pratiquées en chirurgie digestive. Les techniques actuelles, généralement renforcées par une prothèse — souvent appelée « filet » ou mesh — permettent d’obtenir d’excellents résultats.

Comme toute intervention chirurgicale, elle comporte néanmoins certains risques. Leur fréquence dépend du type et de la taille de la hernie, de la technique utilisée — chirurgie ouverte, TEP ou TAPP —, des antécédents du patient et de l’expérience du chirurgien.

L’essentiel en 30 secondes

  • Hématome et sérome : quelques pour cent des interventions, le plus souvent résorbés en quelques semaines.
  • Infection du site après une chirurgie programmée : 0,26 % dans une étude française d’environ 22 000 patients.
  • Rétention urinaire : 5,8 % des hommes, environ 3 % des femmes, jusqu’à 9,5 % des hommes de 65 ans ou plus.
  • Douleur gênant les activités quotidiennes ou professionnelles : environ 0,5 à 6 % des patients.
  • Récidive d’une première hernie avec prothèse : de l’ordre de 1 à 3 % à moyen terme lorsque la technique est maîtrisée.

Hématome et sérome

Un hématome correspond à une accumulation de sang dans la région opérée. Un sérome est une collection de liquide clair apparaissant dans l’espace auparavant occupé par la hernie.

Ces complications surviennent dans quelques pour cent des interventions, avec des taux variables selon les études et les techniques. Les méta-analyses montrent notamment moins d’hématomes avec les techniques mini-invasives qu’après certaines réparations ouvertes.

Un gonflement de l’aine ou du scrotum dans les jours suivant l’intervention n’est donc pas nécessairement une récidive. Dans la grande majorité des cas, l’hématome ou le sérome se résorbe spontanément en quelques semaines. Une ponction, un drainage ou une réintervention sont rarement nécessaires.

Infection : un risque faible

L’infection après une chirurgie programmée de hernie inguinale est rare. Dans une étude française portant sur près de 22 000 patients, le taux d’infection du site opératoire était de seulement 0,26 %.

Une infection superficielle est généralement traitée par des soins locaux et, dans certaines situations, par antibiotiques. Une infection profonde touchant la prothèse est beaucoup plus rare et nécessite une prise en charge spécialisée.

Difficulté à uriner après l’intervention

Une rétention urinaire temporaire peut survenir après l’opération, surtout chez l’homme âgé ou présentant déjà des troubles urinaires.

Une étude internationale portant sur plus de 4 000 patients retrouvait une rétention urinaire chez 5,8 % des hommes, environ 3 % des femmes et jusqu’à 9,5 % des hommes de 65 ans ou plus. Le traitement consiste habituellement en un sondage urinaire temporaire.

Douleur chronique

La douleur chronique est probablement la complication à long terme qui mérite le plus d’attention.

Les recommandations internationales HerniaSurge estiment qu’une douleur persistante suffisamment importante pour gêner les activités quotidiennes ou professionnelles concerne environ 0,5 à 6 % des patients.

Les facteurs favorisant comprennent notamment une douleur importante avant l’intervention, une forte douleur postopératoire précoce et une chirurgie pour hernie récidivée. Les techniques prépéritonéales mini-invasives TEP et TAPP sont globalement associées à moins de douleur chronique que la technique ouverte de Lichtenstein, lorsque l’expertise technique est disponible.

Le traitement d’une douleur persistante peut associer médicaments, infiltrations ou blocs nerveux. Une chirurgie spécialisée n’est envisagée que dans certaines situations sélectionnées.

Récidive de la hernie

Avec les techniques modernes utilisant une prothèse, le risque de récidive après chirurgie d’une première hernie inguinale est faible.

Dans les essais contrôlés réalisés avec une technique maîtrisée, il est généralement de l’ordre de 1 à 3 % à moyen terme. Un essai randomisé avec cinq ans de suivi retrouvait par exemple 1,2 % après Lichtenstein et 3,5 % après TEP ; l’analyse montrait qu’une partie importante des récidives TEP était liée à la courbe d’apprentissage d’un opérateur.

Les recommandations HerniaSurge confirment que l’utilisation d’une prothèse réduit le risque de récidive et que TEP, TAPP et Lichtenstein permettent toutes d’obtenir de faibles taux de récidive lorsqu’elles sont correctement réalisées.

Les complications graves sont exceptionnelles

Une lésion de la vessie, de l’intestin ou des vaisseaux, ainsi qu’une atteinte du canal déférent ou du testicule, restent exceptionnelles. Leur nature varie selon la technique utilisée.

La chirurgie moderne de la hernie inguinale est donc une intervention fiable et bien codifiée. Le choix de la technique doit cependant être individualisé afin de réduire à la fois le risque de récidive et celui de douleur chronique.

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